Il existe une histoire que j’aime particulièrement raconter en séance : celle de l’arbre à souhaits.

Un voyageur, fatigué par sa route, s’installe à l’ombre d’un grand arbre sans savoir qu’il s’agit d’un arbre magique capable de réaliser instantanément chacune de ses pensées.
Il pense d’abord à un repas délicieux. Le repas apparaît.
Puis il imagine un lit confortable. Le lit apparaît.
Tout ce qu’il désire se matérialise sous ses yeux.
Alors qu’il pourrait simplement profiter de ce bonheur inattendu, une pensée surgit : « Et si cet arbre était hanté ? »
Aussitôt, son imagination s’emballe.
« Et s’il y avait des fantômes ? »
Les fantômes apparaissent.
La peur grandit encore.
« Et si un tigre surgissait ? »
Le tigre apparaît.
Et l’histoire se termine tragiquement.
Cette histoire illustre parfaitement un mécanisme que j’observe souvent chez les personnes souffrant d’anxiété ou de crises d’angoisse.
Au départ, il y a parfois une simple sensation : une accélération du cœur, un vertige, une gêne respiratoire, une émotion désagréable.
Puis arrive une pensée :
« Et si je faisais une crise d’angoisse ? »
Cette pensée provoque de l’inquiétude.
L’inquiétude augmente les sensations physiques.
Les sensations renforcent la peur.
Et la peur nourrit de nouvelles pensées inquiétantes.
Un véritable cercle vicieux s’installe.
La personne ne souffre plus seulement de l’angoisse. Elle développe souvent la peur d’avoir peur.
Elle surveille son corps, anticipe les symptômes, évite certaines situations et finit par consacrer une grande partie de son énergie à empêcher ce qu’elle redoute.
Comme le voyageur sous l’arbre à souhaits, elle nourrit malgré elle ce qu’elle souhaite pourtant éviter.
Bien sûr, il ne s’agit pas de penser positivement à tout prix ni de nier les difficultés de la vie.
Il s’agit plutôt d’apprendre à observer ses pensées sans leur donner systématiquement le pouvoir de diriger ses émotions et ses comportements.
En sophrologie et en hypnose, nous travaillons justement sur cette capacité à prendre du recul, à apaiser le mental et à retrouver un sentiment de sécurité intérieure.
Car nos pensées sont précieuses.
Elles peuvent nourrir nos peurs.
Mais elles peuvent aussi nourrir notre confiance, notre sérénité et notre capacité à avancer.
Alors aujourd’hui, prenez un instant pour vous demander :
Quelles sont les pensées que j’arrose le plus souvent dans mon arbre à souhaits ?


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